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Les
différents climats et leurs climax :
Le
climax, comme nous l'avons vu est l'état stable d'un
écosystème en fonction des paramètres
environnementaux : la vie se complexifira sans cesse jusqu'à
aboutir au climax, ensuite l'évolution sera plus lente et
dépendante du renouvellement du milieu. Sur Terre la plupart
des régions possèdent pour climax une
forêt, l'arbre étant le
végétal le plus perfectionné.
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Les
forêts ne sont pas uniquement des zones où l'on ne
trouve que des arbres, une forêt abrite une multitude
d'animaux, des grands mammifères aux plus petits insectes et
le sol d'une forêt recelle une variété
phénoménale des micro-organismes,
bactéries et champignons. Parmi les forêts, celles
qui sont les moins riches (au niveau de la biodiversité)
sont celles qui manquent d'éléments
indispensables : au nord les forêts boréales sont
quasiment perpétuellement enneigées et
n'obtiennent qu'une quantité d'eau et de lumière
limitée. Près des tropiques, c'est au contraire
d'abondance de lumière, couplée au manque d'eau,
qui limite le développement. L'équateur
possède les forêts les plus
diversifiées possible car tout est réuni
là pour un développement optimal : de la
lumière en abondance, de l'eau, et une chaleur quasiment
constante toute l'année. Les forêts
équatoriales, dite pluviales, sont en
réalité constituées d'une succession
d'étages : les grands arbres, des arbres plus petits, des
arbustes et fougères, le sol superficiel et les racines.
Chacun des étages est un écosystème
à part entière. Plus les
éléments nécessaires diminuent et plus
le nombre et la diversité des étages diminuent,
ainsi dans les forêts tempérées, il n'y
a généralement que deux étages, les
arbres et les broussailles de fougères. Dans les
forêts boréales, les arbres sont presque
exclusivement des conifères et leurs sous-bois sont pauvres
et peu vivants car trop sombres et trop froids avec de plus un sol
acide.
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Ce graphique
représente les variations de
végétation en fonction des deux principaux
critères : l'eau et la température (au
départ forcément liée à la
quantité de rayonnement solaire). On voit que partout
où il y a assez d'eau, le climax est atteint par une
forêt et que l'on passe très rapidement d'un type
de végétation à un autre en fonction
des précipitations, c'est ce qui explique sur la carte
mondiale les différences de climax à des
latitudes équivalentes : en Inde par exemple parce que le
massif de l'Himalaya crée une barrière qui bloque
l'humidité et provoque les moussons, et en Europe parce
qu'un courant océanique chaud (le Gulf stream) repousse le
froid de plusieurs milliers de kilomètres vers le nord. |
Le
cycle du carbone :
Le
cycle du carbone est généralement
grossièrement résumé par le cycle du
dioxyde de carbone (CO2)
sur les continents. On apprend donc que le CO2
présent dans l'air est capturé pendant la
photosynthèse des plantes, transformé en
matière, consommé par des herbivores,
consommé à leurs tours par des carnivores, qui
sont décomposés après leur mort et
retransformé en CO2.
Sachant que toutes ces créatures respirent pendant tout leur
cycle de vie. Malheureusement ce cycle est tellement
réducteur qu'il en devient faux : d'abord parce que le
carbone ne circule pas uniquement via le CO2
et ensuite parce que les continents ne représentent qu'un
petit tiers de la surface de la planète et que le reste
comporte aussi des échanges.
Nous
avons vu dans la partie
précédente
que la planète Terre contient autant de carbone
propotionnellement à sa taille que Vénus et Mars
mais qu'au contraire de ces deux planètes le carbone
terrestre ne se trouve pas uniquement dans l'atmosphère (il
s'y trouve d'ailleurs très peu). Où se trouve
donc le carbone terrestre, comment circule-t-il et dans quelles
proportions le cycle du CO2
participe-t-il aux échanges ?
Le
carbone est stocké dans notre environnement sous une forme
ou une autre :
-comme gaz carbonique dissous dans l'océan
-comme composant de molécules organiques des vivants et de
leurs cadavres
-comme gaz carbonique présent dans l'atmosphère
-comme composant de minéraux des sols
Dès
que l'on a affaire à l'un de ces endroits, on
s'intéresse à ce qu'il renferme comme carbone. On
le mesure généralement en milliards de tonnes, ou
Gt (gigatonnes).
La
figure ci-dessus donne la valeur des principaux stocks de carbone :
-l'atmosphère renferme actuellement 750 Gt de carbone
-l'océan intermédiaire (moyen et profond)
renferme 50 fois plus de carbone : 38 100 Gt
-les sols renferment 3770 Gt, alors que la
végétation et les animaux qui les recouvrent
renferment seulement 610 Gt
Les
valeurs qui sont données ici ne sont pas
définitives car c'est actuellement un des grands
défis du monde scientifique : calculer
précisement les stocks et les échanges de carbone
sur toute la planète.
La
figure donne aussi les échanges annuels de CO2
entre l'atmosphère et la Terre. La majeure partie de ces
échanges sont naturels :
-60 Gt entre la végétation et
l'atmosphère
-90 Gt entre l'océan de surface et l'atmosphère
-40 à 50 Gt entre l'océan de surface et la vie
marine
Mais
l'humanité a rajouté d'autres échanges
:
-6 Gt environ due à la combustion des énergies
fossiles
-1 Gt environ due à la déforestation.
Note : Ces flux sont connus à ± 1 Gt
près : c'est une incertitude énorme pour des flux
qui sont du même ordre de grandeur. Il est aussi important de
préciser que le schéma ci-dessus ne concerne que
le CO2,
et pas les autres gaz à effet de serre.
On
appelle puit de carbone toutes les zones qui stockent d'une
manière plus ou moins durable le carbone sous une forme ou
une autre.
Les
puits et sources de carbone :
Il
y a trois puits pour absorber le carbone sous forme de CO2
de l'atmosphère (rappelons que le CO2
est stable dans l'atmosphère, ce qui n'est pas le cas de
tous les gaz à effet de serre, voir la partie
précédente)
:
-les
écosystèmes continentaux
-l'océan
-les stocks fossiles ou minéraux |
Il
est bien évident que le changement du climat entraine la
modification des écosystèmes qui à
leur tour modifient leur rôle dans le cycle... Nous
regarderons donc comment fonctionne le système si toutes les
émissions sont stables.
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Les écosystèmes
continentaux :
Le sol contient l'essentiel du carbone des
écosystèmes terrestres, y compris forestiers. Il
s'agit à la fois de parties de plantes ou
détritus de plantes et d'organismes vivants.
Or si la
température monte, l'activité microbienne du sol
va probablement augmenter. Dans un écosystème
à maturité, c'est à dire à
l'état de climax, les plantes absorbent autant de CO2
que le milieu en produit et produisent autant d'oxygène que
le milieu en consomme : le bilan total est stable, il est donc faux de
considérer l'Amazonie comme le "poumon de la
planète", cette région étant
à l'origine recouverte par une forêt primaire
mature, d'un point de vue global elle ne produit ni ne consomme de CO2
ou d'oxygène. Les forêts ne fixent plus(+) de
carbone qu'elles n'en produisent uniquement pendant leur croissance (en
moyenne un siècle), après le carbone est
fixé dans le sol et les divers
éléments de l'écosystème
mais l'absorption globale devient nulle.
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L'océan :
Il fixe le carbone de deux manières, d'abord en l'absorbant
ensuite en le fixant par la photosynthèse du phytoplancton.
L'aborption chimique fonctionne en permanence et est plus importante
dans l'eau froide, la circulation thermohaline (les grand courants
marins qui remontent ou qui descendent au fond des océans,
voir partie précédente)
joue un rôle très important dans cette absorption
car elle entraine le carbone dissous en surface dans les couches
profondes qui, étant plus froides, ont une plus grande
capacité de stockage. Au final ce carbone se transfome en
ions bicarbonates qui préciptent au fond et
sédimentent. L'absorption biochimique est soumise aux
impératifs de la photosynthèse, ensuite le
phytoplancton est consommé en partie par les
crustacés, lesquels avec les coraux fixent du carbone sous
forme minérale pour leurs coquilles et carapaces. A la mort
de l'invertébré ces parties dures sont
entrainées au fond des océans où elles
sédimentent. L'océan recouvre 70% de la surface
de la Terre, longtemps considéré comme "un
désert liquide" c'est pourtant lui qui est le premier acteur
de la vie. |
Les stocks fossiles :
Il existe deux catégories de stocks de carbone fossile :
ceux qui sont combustibles (charbon, pétrole et gaz naturel)
et issus de la végétation terrestre, et ceux qui
ne le sont pas (roches, minéraux). Les roches sont issues de
l'océan, des processus d'érosion et du cycle de
l'eau, elles fixent de grandes quantités de carbone (rappel
: la formule chimique du calcaire est CaCO3),
ci-contre falaises de craie. Les combustibles fossiles sont
formé par des processus de décomposition de
végétaux dans des conditions
particuilières qui sont détaillées
dans la partie suivante. |
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| Il existe aussi
des stocks de carbone sous une forme très
particulière, ce sont les hydrates
de gaz. On a
découvert il y peu que le sous-sol des régions
boréales (tout particulièrement celui des
forêts boréales) et le fond des océans
contiennent de grandes quantités d'hydrates de
méthane. L'hydrate de méthane comme son nom
l'indique est composé de méthane et d'eau, les
deux produits étant mélangés dans une
forme cristaline gelée. On estime qu'il y aurait 10 000
milliards de tonnes d'hydrates de gaz, avec un pourcentage en masse de
10 à 40% de gaz véritable (méthane,
éthane, propane, butane...). Cette quantité est
deux fois plus importante que les réserves de
pétrole, charbon et gaz réunies : la
quantité de méthane emprisonnée est
3000 fois plus importante que celle qui se trouve dans
l'atmosphère. |
| Le cycle de ce
méthane est encore méconnu, on sait cependant
d'où il provient : dans les sous-sols des régions
boréales et sur le fond des océans, les
matières organiques mortes se sédimentent et se
décomposent. Ce processus est dirigé par des
bactéries méthanogènes, qui sont parmi
les plus vieilles formes de vie connues. Elles dégradent les
déchets organiques par fermentation et produisent du
méthane et de l'eau. Mais cette fermentation ne peut avoir
lieu en présence d'oxygène, ce sont des
bactéries anaérobies, c'est pour cela qu'elles ne
se trouvent que dans les profondeurs et les milieux mal
oxygénés : marécages,
tourbières, fond marins, sous-sols gelés qui sont
pour nous synonymes d'odeurs nauséabondes. Le
méthane produit se trouve donc rapidement au contact avec de
l'eau à très faible température et
dans le cas des océans à forte pression (ce qui
compense la température trop élevée).
Il forme donc des hydrates. |
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Le gaz peut aussi
provenir d'une masse d'hydrocarbure en formation, il forme alors une
couche imperméable d'hydrate qui va emprisonner les futures
productions de gaz qui s'accumulent dans une grande poche. Mais les
hydrates ne se forment pas partout : les conditions
géologiques peuvent empêcher le processus (comme
une activité volcanique) mais elles occupent quand
même une grande partie du fond des océans, ce qui
explique les estimations gigantesques de la quantité de
méthane qu'elles contiennent.
Ces hydrates posent
de nombreuses questions : d'abord celle de leur rôle dans les
précédentes glaciations, les carottes des
calottes polaires nous ont appris que la température globale
était liée à la quantité de
CO2
et de méthane de l'atmosphère (voir chapitre
précédent les GES).
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| Pourtant une
glaciation, en entrainant le niveau des mers vers le bas, devrait
provoquer la décompression des hydrates des sols
côtiers boréals, dont le méthane
devrait s'opposer au raffraîchissement en augmentant l'effet
de serre. De même, dans le cas d'un réchauffement,
la montée des eaux cette fois-ci, entraînerait
aussi la décompression des gaz qui iraient renforcer le
phénomène. Les carottes ont de toute
façon prouvées que c'est le méthane
qui joue un rôle prépondérant dans les
phénomènes de variabilité rapide de la
température du globe pendant des épisodes de
10-15 ans. |
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Ci-contre la photo
d'un bloc d'hydrate de méthane en pleine combustion : si on
l'allume avant qu'il ne fonde en ne laissant qu'une flaque d'eau, il
brûle complètement sans laisser de
résidu, ou comment faire du feu avec de la glace.
Pour finir, les
glaces et hydrates de gaz jouent un rôle majeur dans la
topologie des régions perpétuellement
gelées, le pergélisol ou permafrost. En effet,
les glaces du sous-sol entrainent par leurs gels et dégels
successifs des contraintes qui modifient le relief, sculptent les
côtes et occasionnent des désordres dans les
contructions humaines de ces régions. La côte
canadienne de la mer de Beaufort, au nord-est, détient le
record de l'érosion du littoral : jusqu'à 10
mètres de côte peuvent partir dans la mer quand la
glace qui les soutient s'effondre.
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La formation et
l'évolution des matériaux fossiles :
On utilise actuellement dans le monde quasiment exclusivement des
matériaux fossiles pour produire de l'énergie et
notamment le pétrole pour les véhicules, le gaz
pour l'électricité et la chaleur et le charbon
pour l'électricité et l'industrie lourde
nécessitant de très hautes
températures. Ils sont tous les trois issus de processus
assez semblables impliquant des végétaux. Ils se
forment quand plusieurs conditions sont réunies :
- Une couverture végétale dense,
proliférant dans un environement marécageux
- Des crues qui détruisent épisodiquement la
forêt et concentrent les débris
végétaux
- Une sédimentation épaisse qui enfouit les
débris et empèche les processus normaux de
décomposition
- L'accumulation des sédiments sur de grandes hauteurs, qui
enfouissent les gisements en profondeur là où les
pressions sont fortes et les températures
élevées
Ces
conditions étaient tout particulièrement
réunies à la fin du carbonifère, dans
les fossés tectoniques. De grande quantités de
charbon ont ainsi été
créées en Europe occidentale et dans l'est des
états-unis d'amérique. Le pétrole lui
est plutôt issu de boues sédimentaires, enfouies
et isolées de manière similaire, et se trouve en
grande quantité dans les delta des grands fleuves,
prisonnier de poches salines sous l'océan. Le gaz est
produit par la décomposition des
végétaux en milieu anaérobie (sans
oxygène), il accompagne toujours les veines de charbon et
les poches de pétrole mais on peu aussi trouver des poches
ne contenant quasiment que du gaz.
| Les
matières sont dites fossiles parce qu'elles se sont
formées au fil du temps avec les mêmes processus
que ceux qui ont produit des fossiles rocheux. On dit aussi que les
matières fossiles ne sont pas renouvelables mais c'est faux,
dans les régions qui y sont propices, de nouveaux gisements
sont en cours de formation, cependant, le cycle temporel de
création des ces matériaux est d'un point de vue
humain éternel : des millions d'années... On
considère donc que ces ressources ne sont pas renouvelables
dans la mesure où nous les consommons 5 millions de fois
plus vite qu'elles ne se produisent et que les zones de production,
marécageuses, sont considérées comme
"non productives" et la plupart du temps,
asséchées. Production interompue, donc. |
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Ces
matières riches en carbone emprisonnent une grande
quantité de carbone dans la croûte terrestre. En
brûlant ces matières nous renvoyons directement
tout leur carbone du sol vers l'atmosphère mais
même si nous ne détruisions pas les
forêts, celles-ci ne pourraient pas absorber ce carbone qui
est de toute manière éxédentaire. Ce
carbone dans l'atmosphère est bel et bien une pollution
(voir la défintion dans l'acte 2).
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